Autobianchi Furgoncino 320/2 Tipo 264 E

À l’heure où la moindre fourgonnette compacte se pare d’écrans tactiles et d’aides à la conduite, l’Autobianchi Furgoncino 320/2 Tipo 264 E rappelle qu’un véhicule utilitaire peut naître d’une base chic et mondaine. Dérivé direct de la Bianchina Panoramica, ce mini fourgon italien change de statut sans renier ses origines raffinées. Car sous la caisse tôlée et le toit rehaussé se cachent les lignes d’une petite « fashion car » des années 60, conçue pour séduire une clientèle urbaine plus aisée que celle de la Fiat 500.

Ce contraste entre glamour et bleu de travail fait tout l’intérêt de ce modèle devenu rarissime. Le Furgoncino 320/2 à toit haut, homologué comme autocarro, passe de la promenade dominicale aux livraisons matinales dans les ruelles serrées des centres historiques. Sa charge utile limitée est compensée par une étonnante capacité de chargement en hauteur, idéale pour les artisans, électriciens ou livreurs de l’Italie d’alors. Aujourd’hui, cette automobile vintage attire les passionnés de collection automobile en quête d’un utilitaire différent, à mille lieues des fourgons cubiques contemporains. Son histoire illustre la manière dont Autobianchi a su transformer une petite voiture chic en outil de travail singulier, désormais chéri comme une vraie voiture classique.

  • Origine : dérivé utilitaire de la Bianchina Panoramica, sur base de Fiat 500.
  • Version : Furgoncino 320/2 Tipo 264 E, avec toit rehaussé et homologation autocarro.
  • Usage : mini fourgon de livraison urbaine, idéal pour les petites rues italiennes.
  • Carrosserie : caisse tôlée, toit haut, volume de chargement augmenté sans hausse de charge utile.
  • Performances : vitesse maximale autour de 85 km/h, priorité donnée à la charge et non à la vitesse.
  • Marché : versions export, série spéciale ENEL, multiples aménagements professionnels.
  • Cotation actuelle : rare sur le marché, très recherché dans la collection d’utilitaires italiens.
  • Contexte : né d’une marque créée par Fiat pour produire des variantes plus luxueuses.
Point clé Caractéristique
Type Autobianchi Bianchina Furgoncino 320/2 Tipo 264 E
Catégorie Mini fourgon utilitaire dérivé d’une citadine
Particularité Toit rehaussé, homologué comme autocarro
Origine Italie, production Autobianchi sur base Fiat 500
Usage d’époque Artisans, commerçants, flottes techniques (ENEL, etc.)

Autobianchi Furgoncino 320/2 Tipo 264 E : d’une base chic à un mini fourgon de travail

À l’origine de l’Autobianchi Furgoncino, Fiat souhaite disposer d’une marque capable de proposer des dérivés plus cossus de ses propres modèles. La Bianchina, lancée quelques mois après la Fiat 500, illustre cette stratégie avec un dessin plus raffiné et des finitions supérieures. Le succès est tel que la Bianchina se vend parfois mieux que la 500, au grand agacement de la maison mère.

Cette réussite donne naissance à plusieurs silhouettes distinctes. On retrouve d’abord la Trasformabile, puis le cabriolet Eden Roc, le break Panoramica et enfin la berline Lutèce. Dans ce contexte plutôt mondain, l’idée de transformer cette base en véhicule utilitaire peut surprendre, mais elle répond à une demande très concrète du marché italien des années 60.

  • Naissance d’Autobianchi comme division plus « premium » des petites Fiat.
  • Lancement de la Bianchina peu après la Nuova 500, avec une présentation plus soignée.
  • Déclinaison en plusieurs carrosseries, du cabriolet au break Panoramica.
Modèle Bianchina Carrosserie Clientèle visée
Trasformabile Petit coupé découvrable Urbains aisés, clientèle chic
Eden Roc Cabriolet élégant Balnéaire, loisirs, image glamour
Panoramica Break vitré Familles, petits transporteurs
Lutèce Berline 4 places Usage quotidien, clientèle plus large

Pour ceux qui souhaitent replacer ce modèle dans l’histoire de la marque, le site du Club Autobianchi France fournit de nombreux éléments contextuels sur la Bianchina et ses dérivés. On comprend alors mieux comment une élégante citadine a pu devenir un discret outil de travail, apprécié pour son gabarit ultra compact.

Le projet 264 : transformer la Panoramica en fourgonnette

Le projet interne 264 naît de la volonté de proposer un petit utilitaire taillé pour les centres urbains. L’Italie des années 60 voit ses villes se densifier, avec une circulation toujours plus chargée de voitures et de scooters. Les gros camions Bianchi Visconteo ou Estense sont trop encombrants pour les ruelles étroites, d’où l’intérêt d’une base de petite voiture transformée en fourgonnette.

Le Furgoncino Tipo 264 à toit normal apparaît d’abord comme une Panoramica fermée. Les vitres arrière disparaissent au profit de tôles, la banquette arrière est retirée, et la caisse offre alors un cube utile avoisinant un mètre. La charge utile annoncée reste modeste, avec 250 kg, mais ce compromis convient parfaitement à de petites tournées urbaines.

  • Suppression des vitres latérales arrière et de la banquette.
  • Création d’un compartiment de chargement plat et facilement accessible.
  • Utilisation du même schéma mécanique que la Fiat 500, simple et éprouvé.
Caractéristique du projet 264 Furgoncino toit normal
Base Bianchina Panoramica
Vitrage arrière Remplacé par tôle emboutie
Banquette arrière Supprimée pour maximiser le plancher
Charge utile 250 kg (approx.)
Volume utile Environ 1 m³

On imagine sans peine un petit artisan de Florence ou de Gênes livrant ses outils dans ce Furgoncino au gabarit minuscule. Ce premier pas vers l’utilitaire prépare directement la naissance du 320/2 Tipo 264 E, qui pousse le concept un peu plus loin.

Furgoncino 320/2 Tipo 264 E : la version toit rehaussé et homologuée autocarro

Pour améliorer la capacité de chargement sans modifier profondément la mécanique, Autobianchi développe la version Furgoncino 320/2 Tipo 264 E. Cette évolution rehausse le pavillon et allonge légèrement la caisse, tout en conservant la charge utile. L’objectif est clair : offrir plus de volume pour les colis volumineux, équipements techniques ou matériaux légers.

La longueur progresse d’environ 4 cm, tandis que la hauteur gagne environ 30 cm. La silhouette change sensiblement, avec un pavillon haut qui donne à ce mini fourgon un profil immédiatement reconnaissable. Malgré ces modifications, la portata utile reste similaire, preuve que la structure globale et la motorisation ne sont pas alourdies exagérément.

  • Toit rehaussé pour augmenter le volume de chargement.
  • Longueur légèrement étirée afin d’optimiser la surface utile.
  • Homologation en autocarro pour un usage strictement utilitaire.
Élément Furgoncino 264 standard Furgoncino 320/2 Tipo 264 E
Hauteur Toit normal Toit rehaussé (+30 cm environ)
Longueur Base Panoramica + 4 cm (approx.)
Volume de chargement Environ 1 m³ Volume nettement supérieur
Charge utile 250 kg Identique (250 kg)
Homologation Utilitaire léger Autocarro 264 E

Ce compromis explique la vitesse maximale d’environ 85 km/h, très modeste mais suffisante pour un usage périurbain. Sur les routes sinueuses italiennes, la priorité n’est pas la vitesse de pointe, mais la capacité à se faufiler partout avec un volume utile étonnant.

Instrumentation, aménagements et vie à bord

À bord, le Furgoncino 320/2 Tipo 264 E adopte la présentation la plus dépouillée de la Panoramica Normale. Le combiné d’instruments se montre basique, centré sur la vitesse et quelques témoins. Le volant blanc apporte une touche plus lumineuse à l’habitacle, en contraste avec l’usage utilitaire de l’engin.

Les sièges restent simples, avec une sellerie robuste destinée à supporter les montées et descentes fréquentes d’un livreur. Derrière les sièges, le compartiment de chargement propose un plancher plat, facile à aménager selon les besoins. De nombreux carrossiers et artisans transforment cette base en atelier roulant, véhicule de service ou fourgon tôlé spécialisé.

  • Instrumentation minimaliste, sans superflu.
  • Volant blanc, clin d’œil à la Bianchina plus bourgeoise.
  • Plancher arrière plat permettant des aménagements variés.
Aspect intérieur Caractéristique du Furgoncino 320/2
Tableau de bord Instrumentation simple de Panoramica Normale
Volant Couleur blanche
Assises Sièges avant basiques, aucune banquette arrière
Espace de chargement Plancher nu, prêt à être aménagé
Confort Priorité à la fonctionnalité, confort modeste

On imagine aisément une petite entreprise familiale utilisant ce Furgoncino pour livrer du pain, des pièces détachées ou du matériel d’électricien. Dans ce cadre, l’habitacle simple devient un outil de travail logique et efficace, où chaque élément répond à un besoin concret.

Performances, usage quotidien et prix à l’époque

La mécanique du Furgoncino 320/2 Tipo 264 E reste proche de celle de la Fiat 500, avec une cylindrée autour de 499,5 cm³ selon les évolutions. La puissance modeste impose un rythme tranquille, surtout une fois le compartiment chargé. La vitesse de pointe avoisinant 85 km/h suffit amplement pour les routes départementales et les zones urbaines ou rurales.

Le comportement routier s’inscrit dans la tradition des petites italiennes de l’époque. Le poids contenu, les dimensions réduites et la suspension relativement simple donnent une conduite vivante, mais l’orientation utilitaire réclame une certaine douceur, surtout avec la caisse rehaussée. Les artisans prudents privilégient souvent la fiabilité et la sobriété d’usage au dynamisme pur.

  • Moteur dérivé de la 500, simple et facile à entretenir.
  • Vitesse maximale d’environ 85 km/h, adaptée aux trajets locaux.
  • Consommation contenue grâce au faible poids et à la petite cylindrée.
Élément technique Valeur indicative
Cylindrée ≈ 499,5 cm³
Puissance Autour de 17–18 ch selon versions
Vitesse max. ≈ 85 km/h
Charge utile ≈ 250 kg
Type d’usage Livraisons urbaines et périurbaines

Les tarifs d’époque donnent la mesure de la position de ce modèle sur le marché italien. La version Normale s’affiche à 580 000 lires, tandis que la version à toit rehaussé, le 320/2 Tipo 264 E, atteint environ 635 000 lires. Cette différence se justifie par la carrosserie spécifique et la polyvalence accrue du modèle.

  • Prix Furgoncino Normale : environ 580 000 lires.
  • Prix Furgoncino 320/2 toit haut : environ 635 000 lires.
  • Position tarifaire adaptée aux artisans, petites entreprises et flottes techniques.
Version Prix approximatif en lires Clientèle principale
Furgoncino 264 Normale 580 000 Commerçants de proximité, livreurs
Furgoncino 320/2 Tipo 264 E 635 000 Artisans avec besoin de volume supplémentaire

On retrouve ici une stratégie très italienne : proposer une base simple mais bien pensée, capable de supporter un usage professionnel intensif sans exploser les coûts d’exploitation.

Versions export, série ENEL et aménagements spéciaux

Comme pour le Furgoncino précédent, le 320/2 Tipo 264 E existe en plusieurs variantes destinées à l’exportation. Certains marchés privilégient des couleurs spécifiques, des équipements adaptés ou une signalisation différente. Ces séries limitées restent aujourd’hui particulièrement recherchées par les collectionneurs, en raison de leur rareté.

Une version spéciale est développée pour l’ENEL, l’entreprise nationale d’électricité italienne. Ces Furgoncino arborent souvent une livrée et des aménagements intérieurs dédiés aux interventions techniques. Sur la structure de base, de nombreux ateliers conçoivent aussi des carrosseries ouvertes ou des équipements particuliers pour la petite construction ou la maintenance.

  • Variantes export avec finitions adaptées aux pays de destination.
  • Série spéciale ENEL pour les équipes techniques d’électricité.
  • Possibilité de commander le Tipo 264 E sans caisse fermée, utilisé alors comme petit plateau.
Version spéciale Usage Particularité
Export Livraisons légères à l’étranger Adaptations de couleur, équipements, signalisation
ENEL Interventions techniques électricité Aménagement spécifique, outils, rangements
264 E châssis nu Petits travaux de construction, artisanat Sans caisse tôlée, structure ouverte

Un Furgoncino 320/2 ENEL survivant, conservé dans son état d’origine, constitue aujourd’hui une pièce de musée très parlante sur le quotidien des techniciens italiens des années 60–70. Les amateurs d’automobile vintage y voient un témoignage vivant d’un pays en pleine modernisation.

Statut de voiture classique et intérêt en collection aujourd’hui

Avec le temps, le Furgoncino 320/2 Tipo 264 E est passé du statut d’outil anonyme à celui de voiture classique très atypique. La plupart de ces utilitaires ont fini usés jusqu’à la corde, souvent transformés ou ferraillés. Les exemplaires survivants se comptent aujourd’hui en très petit nombre, surtout en état d’origine ou correctement restaurés.

Dans une collection automobile, ce mini fourgon apporte un contrepoint amusant à une Bianchina Trasformabile ou à une 500 plus classique. Il raconte le travail, les livraisons, les petits gestes du quotidien, là où les versions cabriolet évoquent les vacances et la dolce vita. Ce contraste séduit les passionnés soucieux de rassembler un éventail complet de l’histoire Autobianchi.

  • Très faible taux de survie, en particulier dans un état proche de l’origine.
  • Complément parfait d’une collection dédiée aux microcars et utilitaires italiens.
  • Symbole du basculement d’une petite citadine chic vers le registre utilitaire.
Critère Intérêt pour le collectionneur
Rareté Très élevée, surtout pour la version 320/2 Tipo 264 E
Originalité Petit utilitaire dérivé d’une citadine chic
Valeur d’image Fort capital sympathie lors d’expositions
Complémentarité Idéal aux côtés d’une Fiat 500 et d’une Bianchina

Les clubs de marque jouent un rôle clé dans la sauvegarde de ces modèles. Les passionnés peuvent trouver de la documentation, des conseils techniques et des contacts utiles via des structures dédiées, comme celles présentées sur le site du Club Autobianchi, très actif autour des Bianchina et de leurs dérivés.

Achat, restauration et usage en 2025

En 2025, dénicher un Furgoncino 320/2 Tipo 264 E complet demande patience et réseau. La plupart des exemplaires intéressants proviennent encore d’Italie, parfois exhumés de granges ou d’anciens dépôts municipaux. Quelques spécialistes se sont fait une réputation dans la restauration de petites Autobianchi, maîtrisant les spécificités de carrosserie liées au toit rehaussé.

L’achat doit commencer par la vérification de la structure, surtout autour des points de corrosion typiques : bas de caisse, passages de roues, plancher arrière. La rareté de certaines pièces de carrosserie impose parfois des reconstructions sur mesure, ou la cannibalisation de Furgoncino plus fatigués. Le côté mécanique reste plus simple grâce aux nombreuses pièces communes avec la Fiat 500, encore très bien servie par la refabrication.

  • Rechercher un exemplaire le plus complet possible, même fatigué.
  • Privilégier une base saine en carrosserie, le plus difficile à refaire.
  • S’appuyer sur les clubs et spécialistes pour les pièces spécifiques.
Étape Point de vigilance pour l’acheteur
Inspection carrosserie Corrosion structurelle, état du toit haut et des entourages de portes
Mécanique Fiabilité du moteur, boîte, faisceau électrique
Originalité Respect de la configuration utilitaire d’origine (tôles, aménagements)
Documents Papiers en règle, mention autocarro ou équivalent selon pays

Une fois restauré, ce mini fourgon devient un excellent compagnon pour les rassemblements, les salons consacrés aux utilitaires anciens ou les balades thématiques. Il attire immédiatement le regard, et raconte à lui seul un pan méconnu de l’histoire d’Autobianchi, au croisement de la petite citadine chic et de l’outil de travail populaire.

Qu’est-ce qui distingue le Furgoncino 320/2 Tipo 264 E des autres Bianchina ?

Le Furgoncino 320/2 Tipo 264 E se distingue par son toit rehaussé, sa caisse entièrement tôlée à l’arrière et son homologation comme autocarro. Il reprend la base technique de la Bianchina Panoramica, mais supprime la banquette arrière pour dégager un volume de chargement bien supérieur. Cette silhouette haute en fait un mini fourgon utilitaire plutôt qu’une simple citadine dérivée de la Fiat 500.

La mécanique du Furgoncino 320/2 est-elle difficile à entretenir ?

La mécanique reprend largement celle de la Fiat 500, avec un petit moteur bicylindre autour de 500 cm³. Les pièces courantes de moteur, d’embrayage ou de frein sont encore disponibles grâce au succès de la 500 en collection. L’entretien reste donc abordable, à condition de confier le véhicule à un atelier familier des anciennes italiennes.

Le Furgoncino 320/2 peut-il rouler régulièrement aujourd’hui ?

Utilisé à bon escient, le Furgoncino 320/2 peut tout à fait participer à des balades, des rassemblements ou de courts trajets urbains. Sa vitesse de pointe d’environ 85 km/h limite en revanche l’usage sur voies rapides modernes. Beaucoup de propriétaires privilégient un usage occasionnel, adapté à son caractère d’automobile vintage et à son système de freinage d’époque.

La version ENEL du Furgoncino 320/2 a-t-elle une valeur particulière ?

Les exemplaires ENEL disposent d’une forte valeur historique et d’une certaine rareté, car il s’agit de véhicules de flotte souvent très sollicités. Un Furgoncino 320/2 ENEL bien conservé, avec sa livrée et ses aménagements d’origine, attire beaucoup les collectionneurs spécialisés dans les utilitaires de service public. Cette spécificité peut se traduire par une cote supérieure à une version standard équivalente.

Où trouver des informations supplémentaires sur les Autobianchi Bianchina et leurs dérivés utilitaires ?

Les clubs de marque constituent une excellente source d’informations, d’archives et de conseils pratiques. En France, le site du Club Autobianchi propose une présentation de la Bianchina et de ses différentes variantes, y compris les utilitaires. Des forums spécialisés, des revues de voitures anciennes et les bourses d’échanges complètent utilement cette documentation pour qui souhaite restaurer ou simplement mieux connaître ces modèles.

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