Sur une place de village baignée de lumière dorée, une Peugeot 504 cabriolet Pininfarina attire encore les regards comme au premier jour. Sa silhouette fluide, son profil tendu et ses chromes mesurés racontent à eux seuls une certaine élégance française, faite de retenue et de raffinement discret.
Plus de quarante ans après la fin de sa production, cette automobile vintage demeure un symbole de douceur de vivre, d’escapades cheveux au vent et de week-ends en bord de mer.
Derrière cette image de carte postale se cache pourtant une histoire industrielle et stylistique audacieuse. Peugeot a osé confier à Pininfarina la liberté de rompre avec la berline 504 pour créer un cabriolet à part entière, à la croisée du design italien et du chic hexagonal. Résultat : une voiture classique qui n’a jamais été la plus performante de son époque, mais dont le charme l’a emporté sur les chiffres, au point d’entrer dans le patrimoine automobile français.
Cette histoire, c’est aussi celle d’un compromis subtil entre technique éprouvée, confort bourgeois et luxe automobile sans ostentation. Le châssis dérivé de la berline, les moteurs quatre cylindres puis V6, les retouches de style successives : autant d’ingrédients qui ont façonné un cabriolet aujourd’hui recherché des collectionneurs. Au fil des décennies, la Peugeot 504 cabriolet s’est imposée comme un objet intemporel, plus proche d’une pièce de design que d’un simple moyen de transport.
En bref : héritière d’une tradition de coupés et cabriolets Peugeot, la 504 cabriolet a été pensée comme un modèle à part, à l’identité forte. Dessinée et carrossée par Pininfarina, assemblée à Sochaux, elle marie charme italien et rigueur française.
Produite en quantité limitée, elle séduit aujourd’hui les amateurs d’automobiles vintage de la marque Peugeot pour sa ligne, plus que pour ses performances.
Peugeot 504 cabriolet Pininfarina : naissance d’une icône du design
Lorsque la Peugeot 504 est lancée en 1968, la marque au lion suit déjà une tradition bien établie de décliner ses berlines en versions coupé et cabriolet. La 203, puis la 403 et la 404 ont ouvert la voie, avec des dérivés élégants mais très proches visuellement de leurs bases. Pour la 504 cabriolet, Peugeot décide de franchir un cap et de miser davantage sur l’image que sur le volume.
Le constructeur renouvelle sa confiance à Pininfarina, partenaire de style depuis la 403, mais lui laisse cette fois une liberté bien plus grande. Le carrossier italien propose alors un pari audacieux : concevoir un coupé et un cabriolet quasiment détachés de la berline sur le plan esthétique. Cette stratégie vise à créer un véritable objet de désir, plutôt qu’une simple variante découvrable d’un modèle familial.
Ce choix s’inscrit dans une époque où le design italien domine la scène européenne, des carrosseries aux meubles modernes. En acceptant cette rupture, Peugeot associe son image de sérieux et de robustesse à une dose bienvenue de glamour. C’est cette alchimie qui fera de la 504 cabriolet un futur symbole d’élégance française, nourri d’inspiration transalpine.
Une ligne signée Pininfarina, entre grâce italienne et rigueur française
Sur le plan technique, le cabriolet reprend la base de la berline, mais avec un empattement raccourci à 2,55 m pour gagner en compacité visuelle. Ce simple ajustement permet de conserver l’excellente plate-forme et les suspensions indépendantes, tout en offrant des proportions plus dynamiques. Pininfarina redessine ensuite la carrosserie de fond en comble, en particulier le regard et la poupe.
La face avant abandonne rapidement la hauteur un peu massive de la berline pour un museau plus bas, plus effilé, presque félin. Les ailes sont subtilement galbées, sans excès, et la ceinture de caisse reste relativement haute, ce qui confère au cabriolet une allure solide et statutaire. Vu de profil, la découpe des portes et la ligne de capote fermée témoignent d’un soin rare apporté aux proportions.
Contrairement à d’autres voitures classiques de la même époque, la 504 cabriolet ne cède ni à la surcharge chromée, ni à la sportivité tapageuse. Tout semble pensé pour durer, avec des surfaces simples, des volumes équilibrés et très peu d’effets de style datés. C’est précisément cette sobriété, alliée à la signature Pininfarina, qui fait aujourd’hui sa dimension intemporelle.
Pour illustrer cette recherche d’équilibre, il suffit de comparer la 504 cabriolet à la 404 découvrable qui l’a précédée. Là où la 404 reprenait fidèlement la silhouette de la berline, la 504 s’en détache nettement et revendique son statut d’objet de luxe automobile. Cette métamorphose sera plus tard réinterprétée par Peugeot avec la 406 Coupé, autre enfant du design italien signé Pininfarina.
Une production de niche devenue trésor du patrimoine automobile
Entre 1969 et 1983, l’ensemble du duo 504 coupé et cabriolet est produit à un peu plus de 31 000 exemplaires. Sur ce total, seuls 8 188 sont des cabriolets, ce qui explique la rareté de ces modèles sur le marché actuel. À l’époque, leur prix élevé – près de 50 % de plus qu’une berline – limite volontairement leur diffusion.
Les carrosseries naissent à Grugliasco, près de Turin, dans les ateliers Pininfarina, où elles sont formées et peintes. Elles prennent ensuite la route de Sochaux pour l’assemblage final avec le châssis, la mécanique et les trains roulants conçus par Peugeot. Ce schéma franco-italien renforce l’image de luxe automobile, tout en garantissant une qualité industrielle homogène.
Aujourd’hui, cette production relativement confidentielle nourrit l’aura de la 504 cabriolet sur le marché des automobiles vintage. Chaque exemplaire raconte à sa manière une histoire de collaboration européenne et de savoir-faire carrossier. Ce statut de « petite série » contribue largement à son entrée dans le patrimoine automobile français.
Évolutions de style et de moteur : la vie d’une icône sur 14 ans
À son lancement, la 504 cabriolet adopte un quatre cylindres 1,8 litre de 96 ch issu de la berline, associé à une boîte manuelle 4 vitesses. Cette mécanique privilégie la fiabilité et la douceur, en accord avec la cible bourgeoise du modèle. Plus qu’une sportive, la voiture se veut compagnon de voyage chic et serein.
Dès 1970, Peugeot lui offre un 2,0 litres à injection Kugelfischer de 104 ch, qui n’en fait pas pour autant une bête de course. Le gain se joue surtout sur le couple et l’agrément de conduite, appréciés lors des longs trajets. Le cabriolet conserve ainsi un tempérament de grand tourisme, fidèle à son positionnement de luxe automobile discret.
En 1974, un profond restylage introduit des optiques rectangulaires à l’avant comme à l’arrière, changeant radicalement le regard de l’auto. Dans le même temps, la gamme accueille le V6 PRV de 2,7 litres, développant 136 ch avec carburateurs, puis 144 ch avec injection. Malgré son prestige, ce moteur gourmand arrive en plein choc pétrolier, ce qui freine clairement la diffusion du cabriolet.
Face à ce contexte, Peugeot réintroduit en 1977 le quatre cylindres 2,0 litres, porté à 106 ch, et réserve le V6 au coupé. Cette décision recentre le cabriolet sur ses fondamentaux : confort, élégance et coûts d’usage raisonnables. En 1980, un dernier lifting avec pare-chocs plus massifs accompagne la fin de carrière, sans altérer profondément son charme intemporel.
Peugeot 504 cabriolet : chiffres clés et rareté sur le marché des classiques
Pour les passionnés, comprendre la répartition des modèles aide à mesurer la rareté de certaines configurations. Le tableau ci-dessous résume les grandes lignes de la production des 504 coupé et cabriolet, toutes motorisations confondues. On y voit clairement pourquoi certaines versions, comme le cabriolet V6, sont aujourd’hui très convoitées.
| Version | Type de carrosserie | Motorisation | Période principale | Production estimée |
|---|---|---|---|---|
| 504 C 4 cylindres | Cabriolet | 1.8 puis 2.0 injection | 1969–1977 puis retour en gamme | 7 211 exemplaires |
| 504 C V6 PRV | Cabriolet | 2.7 V6 | 1974–1977 | 977 exemplaires |
| 504 C 4 cylindres | Coupé | 1.8 puis 2.0 injection | 1969–1983 | 16 949 exemplaires |
| 504 C V6 PRV | Coupé | 2.7 V6 carburateurs puis injection | 1974–1983 | 6 229 exemplaires |
| Total 504 coupé & cabriolet | Coupé + Cabriolet | 4 cylindres & V6 | 1969–1983 | 31 163 exemplaires |
Dans les rassemblements de voitures classiques, ces chiffres se traduisent par une présence nettement plus fréquente des coupés que des versions décapotables. Un collectionneur comme Marc, quadragénaire passionné de patrimoine automobile, raconte souvent la difficulté à trouver un cabriolet sain, surtout en V6. Cette rareté nourrit une forme de quête, presque romanesque, pour qui veut compléter un garage idéal.
Sur le marché actuel, la cote du cabriolet reflète cette combinaison de faible production, de style signé Pininfarina et de forte charge affective. De plus en plus de jeunes amateurs, sensibles aux automobiles vintage à forte identité, s’y intéressent, même s’ils n’ont pas connu la voiture neuve. Cette transmission générationnelle confirme le statut intemporel du modèle.
Un art de vivre à la française : conduite, confort et usage aujourd’hui
Au volant d’une Peugeot 504 cabriolet, ce qui frappe d’abord n’est pas la performance brute, mais la douceur générale. La direction, la suspension et la position de conduite composent un ensemble pensé pour avaler les kilomètres sans fatigue. Sur une départementale bordée de platanes, la voiture invite davantage à flâner qu’à attaquer.
Dans l’habitacle, le dessin du tableau de bord, les sièges moelleux et la visibilité panoramique racontent une autre époque de l’automobile vintage. On y retrouve un confort très « Peugeot », fait de compromis bien dosés entre fermeté et souplesse. L’expérience de conduite tient à la fois du salon roulant et du cabriolet de promenade.
Pour un usage moderne, de nombreux propriétaires adaptent discrètement leur auto : pneus plus récents, allumage fiabilisé, voire ceintures arrière pour les familles. Ces ajustements n’enlèvent rien à l’âme du modèle, mais le rendent plus facile à vivre au quotidien. Ainsi, la 504 cabriolet continue d’incarner un art de vivre fait de calme, de lumière et de routes secondaires.
Lors des rassemblements, on voit souvent des scènes simples : un panier en osier, une nappe à carreaux, des discussions autour de la restauration d’une aile ou d’une capote. La voiture devient alors prétexte à la rencontre, catalyseur de convivialité intergénérationnelle. C’est aussi par ces moments partagés que s’entretient son statut de symbole d’élégance française et de patrimoine automobile.
Pourquoi la 504 cabriolet Pininfarina reste une voiture intemporelle
Si la 504 cabriolet continue de fasciner bien après la fin de sa production, c’est d’abord parce que son esthétique échappe aux modes. Sa sobriété, son dessin clair et ses proportions justes la placent dans la lignée des objets que l’on qualifierait aujourd’hui de « design durable ». À l’instar de certains fauteuils ou luminaires des années 1970, elle semble avoir traversé le temps sans prendre de rides.
Ensuite, la voiture incarne une rencontre rare entre design italien et culture française de la route. Elle n’est ni aussi exubérante qu’un spider transalpin, ni aussi austère qu’une berline de notaire, mais quelque part entre les deux. Ce positionnement singulier lui permet de parler à des publics variés : esthètes, nostalgiques, ou simples amoureux de balades décapotées.
Enfin, son histoire – faite de choix audacieux, de fausses bonnes idées mécaniques et de fin de carrière tranquille – la rend profondément attachante. Elle rappelle que la réussite d’une voiture classique ne se mesure pas qu’en courbes de puissance ou en temps sur circuit. Dans le cas de la 504 cabriolet, c’est le charme qui, in fine, a remporté la partie.
Pourquoi la Peugeot 504 cabriolet Pininfarina est-elle considérée comme intemporelle ?
La 504 cabriolet Pininfarina doit son caractère intemporel à un dessin très sobre, sans effets de mode, et à des proportions particulièrement équilibrées. Sa ligne, à la fois élégante et discrète, ne cherche pas la prouesse technique mais la justesse visuelle. Cette alliance de design italien et d’élégance française en fait une automobile vintage qui traverse les décennies sans paraître datée.
La 504 cabriolet est-elle une bonne voiture classique pour débuter en collection ?
Pour un amateur prêt à accepter quelques contraintes d’âge, la 504 cabriolet peut être une excellente première voiture classique. Sa mécanique 4 cylindres est robuste et relativement simple, et le confort reste très appréciable pour les balades. Il faut toutefois vérifier la corrosion, l’état de la capote et des pièces spécifiques de carrosserie, plus rares et coûteuses.
Quelle est la différence principale entre le coupé et le cabriolet 504 Pininfarina ?
Le coupé offre un toit fixe, quatre vraies places et un caractère légèrement plus dynamique, surtout en V6. Le cabriolet mise davantage sur le plaisir de rouler à ciel ouvert et sur l’image de luxe automobile à la française. Sur le plan du style, les deux partagent la même base Pininfarina, mais le cabriolet est aujourd’hui souvent jugé plus désirable et plus rare.
Les versions V6 de la 504 cabriolet sont-elles les plus recherchées ?
Les cabriolets V6 sont effectivement très rares, ce qui les rend prisés des collectionneurs, mais ils ne sont pas forcément les plus faciles à vivre. Leur consommation est plus élevée et l’entretien du PRV demande un peu plus de rigueur. Beaucoup d’amateurs préfèrent le 4 cylindres, plus simple, tout en conservant le même charme de ligne.
Peut-on utiliser une Peugeot 504 cabriolet régulièrement aujourd’hui ?
Oui, à condition de l’entretenir soigneusement et d’accepter un rythme de conduite plus paisible que celui d’une voiture moderne. De nombreux propriétaires roulent régulièrement, voire partent en voyage, en améliorant légèrement fiabilité et freinage. L’auto reste toutefois plus adaptée aux balades et sorties de loisir qu’aux trajets quotidiens intensifs.

