Sur les parkings de rallyes historiques comme dans les rassemblements de youngtimers, la Renault 5 Alpine Turbo attire toujours le même mélange de sourires et de respect.
Cette sportive compacte, souvent appelée par les passionnés « Turbo R5 Alpine », a fait entrer le moteur turbo dans le quotidien des automobilistes bien avant la grande vague des GTI. Avec son design rétro, son tempérament nerveux et son côté brut de décoffrage, elle raconte à elle seule l’histoire des voitures françaises sportives des années 80.
Beaucoup la confondent encore avec la radicale R5 Turbo à moteur central, alors qu’il s’agit ici d’une Alpine « de route », taillée pour l’attaque sur départementales et les spéciales de rallye amateur. Légère, pointue, sans assistance ni filet électronique, la Renault 5 Alpine Turbo offre une expérience où le conducteur fait vraiment la différence.
C’est précisément ce mélange de simplicité mécanique, de performance accessible et de charme désuet qui en fait aujourd’hui une voiture de collection très convoitée.
En bref : R5 Alpine Turbo, la petite GTI turbo à l’ancienne qui fait vibrer les passionnés de design rétro, de sensations brutes et de sportives françaises des années 80 encore (relativement) accessibles.
Renault 5 Alpine Turbo : fiche d’identité d’une GTI à moteur turbo
Pour bien comprendre ce que représente la Renault 5 Alpine Turbo, il faut la replacer dans le paysage automobile du début des années 80. À l’époque, les petites sportives se cherchent encore, et les GTI n’ont pas encore envahi toutes les gammes. Renault décide alors de greffer un moteur turbo sur sa R5 Alpine atmosphérique, donnant naissance à une petite bombe qui va marquer les esprits.
Dans les fiches techniques de l’époque, les chiffres frappent : environ 110 ch pour seulement 850 kg, envoyés aux roues avant par une boîte manuelle à 5 rapports. Le 1.4 Cléon-Fonte suralimenté permet un 0 à 100 km/h autour de 9 secondes et une vitesse maximale proche de 185–186 km/h, des valeurs très respectables pour une sportive compacte de son temps. Sur la route, ce cocktail légèreté + turbo se traduit par des relances vigoureuses et une sensation de nervosité permanente.
| Caractéristique | Renault 5 Alpine Turbo |
|---|---|
| Années de production | 1981 – 1984 |
| Moteur | 4 cylindres 1.4 L Cléon-Fonte avec moteur turbo |
| Puissance / Couple | Env. 110 ch / 147 à 157 Nm selon sources et réglages |
| Poids à vide | Environ 850 kg |
| 0 à 100 km/h | Environ 9 secondes |
| Vitesse maximale | Environ 185–186 km/h |
| Transmission | Boîte manuelle 5 rapports, traction avant |
| Freinage | Disques à l’avant, tambours à l’arrière |
| Positionnement | GTI turbo, sportive compacte de route et de rallye amateur |
Pour illustrer ces chiffres, on peut suivre Paul, trentenaire passionné de youngtimers, qui découvre sa première Alpine Turbo lors d’un roulage sur circuit club. Habitué aux compactes modernes bardées d’aides à la conduite, il est surpris par le contraste entre la légèreté de l’auto et la brutalité de la poussée une fois le turbo lancé. Ce premier contact suffit pour le convaincre de chercher un exemplaire à restaurer.
Différences entre R5 Alpine atmosphérique et Renault 5 Alpine Turbo
Avant la version suralimentée, la R5 Alpine « tout court » faisait déjà figure de petite sportive sympathique avec son 1.4 litres atmosphérique. Elle offrait environ 93 ch, un comportement dynamique sérieux et un certain prestige pour une voiture française de ce segment. La Renault 5 Alpine Turbo reprend cette base mais la transforme en machine nettement plus démonstrative.
Le cœur de cette mutation se situe évidemment sous le capot, avec l’ajout d’un turbo Garrett, une carburation spécifique et une gestion de la suralimentation pensée pour offrir un vrai « coup de pied » passé un certain régime. Là où l’Alpine atmo se montre linéaire, la Turbo joue sur l’attente puis l’explosion de puissance, typique des années 80. Résultat : de meilleures accélérations, plus de reprises et une personnalité beaucoup plus marquée.
Pour Paul, qui hésitait au départ entre une Alpine atmosphérique et une Turbo R5 Alpine, l’essai routier a été décisif. Au volant de la version atmo, il apprécie la vivacité mais reste un peu sur sa faim, trouvant l’ensemble « sage » pour une sportive compacte. Une fois parti en courbe serrée avec la Turbo, il découvre le fameux temps de latence suivi d’une poussée franche, et comprend immédiatement pourquoi ce modèle est davantage recherché aujourd’hui.
Une sportive française avant l’ère GTI de masse
La Renault 5 Alpine Turbo arrive sur le marché juste avant que le sigle GTI ne devienne la norme pour toutes les compactes sportives européennes. Elle se positionne comme une pionnière, proposant une suralimentation à une clientèle qui découvrait à peine ce type de technologie. Pour beaucoup de conducteurs, c’est la première fois qu’une petite citadine pouvait offrir de telles sensations d’accélération.
Son châssis affûté, sa direction directe et son poids contenu en font un outil parfait pour les routes de montagne ou les petites spéciales de rallye régional. Sans ABS ni contrôle de trajectoire, elle oblige à doser, anticiper et ressentir la moindre réaction du train avant. Cette exigence forge la réputation de la R5 Alpine Turbo comme école de pilotage à ciel ouvert.
Dans les paddocks des rallyes historiques, les anciens racontent souvent comment cette petite Renault tenait tête à des modèles plus puissants grâce à son agilité. Légère à l’entrée de courbe, vive dans les enchaînements, elle permettait à un bon pilote de signer des temps étonnants. Cette dimension compétitive reste fortement associée à son image, même lorsqu’elle roule aujourd’hui paisiblement en balade dominicale.
Un tempérament turbo typique des années 80
Contrairement aux moteurs turbo modernes, progressifs et lissés par l’électronique, celui de la Renault 5 Alpine Turbo propose une réponse très contrastée. Sous un certain régime, le moteur se montre presque timide, avant que le turbo ne souffle franchement et ne délivre un surcroît de couple soudain. Ce comportement « on/off » participe au charme mais demande une vraie adaptation.
Les conducteurs actuels, habitués à des GTI ultra efficaces, découvrent souvent avec surprise ce décalage entre le moment où ils appuient et celui où la poussée arrive. Sur une route sinueuse, cela impose de soigner son choix de rapport et de garder le moteur dans la bonne plage. Bien maîtrisé, ce jeu avec le lag rend la conduite incroyablement vivante et gratifiante.
Lors d’une journée circuit, Paul manque ses deux premiers freinages parce qu’il remet les gaz trop tard, le temps que le turbo réagisse. Un instructeur lui conseille alors de rétrograder davantage et de rester plus haut dans les tours avant chaque sortie de virage. Après quelques sessions, il commence à anticiper le sursaut de puissance, et la petite sportive compacte se transforme en véritable jouet de pilotage.
Design rétro et identité visuelle d’une icône des années 80
Au premier coup d’œil, la Renault 5 Alpine Turbo garde la silhouette carrée et sympathique de la R5 classique, ce qui renforce son côté attachant. Pourtant, de nombreux détails trahissent son statut de sportive : boucliers spécifiques, élargisseurs d’ailes, jantes Alpine à ailettes de 13 pouces, inscriptions Turbo bien visibles. Cette combinaison entre « petite citadine mignonne » et « machine d’attaque » fait aujourd’hui tout son pouvoir de séduction.
Ce design rétro, typique des voitures françaises des années 80, s’accorde parfaitement avec la mode actuelle des youngtimers. Les couleurs d’époque, souvent vives, les bandes décoratives et les stickers ajoutent une dimension quasi pop à l’ensemble. Photographiée sur une place de village ou devant un vieux garage, elle semble sortir tout droit d’une affiche publicitaire d’époque.
Lors d’un rassemblement de voitures de collection, Paul se rend compte que de simples passants, qui n’y connaissent rien en GTI, s’arrêtent pourtant devant sa Renault 5 Alpine Turbo. Certains se souviennent d’en avoir croisé dans leur quartier, d’autres l’ont vue dans un film ou une série télé diff usée en rediffusion. Cette capacité à parler autant aux passionnés qu’au grand public renforce son statut d’icône populaire.
Un habitacle sportif, simple et très années 80
À l’intérieur, l’ambiance de la Renault 5 Alpine Turbo tranche avec la sobriété de la R5 de base. Sellerie semi-baquet, volant trois branches badgé Alpine, compteurs à fond coloré et manomètre de pression de turbo composent un décor résolument sportif. On retrouve cette esthétique un peu brute, faite de plastiques durs mais de commandes mécaniques au toucher précis.
Évidemment, il n’est pas question d’airbags, d’ABS ou d’écrans tactiles : ici, c’est le conducteur qui gère tout. Cette absence d’assistance donne à l’habitacle un côté intemporel, presque spartiate, mais aussi très cohérent avec la philosophie de la voiture. Chaque trajet rappelle qu’on est au volant d’une machine conçue pour les sensations, pas pour le confort total.
Paul, qui roule aussi en compacte hybride moderne, apprécie particulièrement cette transition lorsqu’il passe d’un habitacle digital à celui de sa R5 Alpine Turbo. Le simple fait de tourner une vraie clé, de regarder une aiguille de pression de turbo grimper et d’entendre les bruits mécaniques crée un rituel presque cérémoniel. C’est cette différence de perception qui motive beaucoup de collectionneurs à conserver une voiture ancienne à côté de leur auto du quotidien.
Fiabilité, moteur turbo et plaisir mécanique
Sur le plan mécanique, le bloc 1.4 turbocompressé de la Renault 5 Alpine Turbo est réputé robuste, à condition d’être entretenu sérieusement. Le moteur Cléon-Fonte possède une base éprouvée, mais l’ajout d’un moteur turbo impose de respecter certaines règles, notamment en matière de chauffe et de refroidissement. Les fortes charges thermiques, en l’absence d’intercooler, demandent une vraie vigilance pour éviter les surchauffes.
Les points sensibles concernent le turbo lui-même, qui peut accuser son âge, ainsi que la carburation spécifique à régler avec soin. Un bon réglage permet d’obtenir une montée en régime franche, sans trous inquiétants ni fumées suspectes. Quand tout fonctionne correctement, la sonorité mêle souffle de la suralimentation et grondement mécanique, ce qui participe fortement au plaisir de conduite.
Avant d’acheter sa voiture de collection, Paul fait inspecter sa future Alpine Turbo par un spécialiste Renault classiques. Celui-ci vérifie la pression de suralimentation, l’absence de fuites d’huile sur le turbo et le comportement du moteur à froid comme à chaud. Grâce à ce diagnostic, Paul évite un exemplaire mal réglé qui aurait nécessité une coûteuse remise en état.
Transmission, trains roulants et sensations au volant
La boîte manuelle à 5 rapports de la Renault 5 Alpine Turbo offre un agrément correct mais peut sembler moins précise que certaines rivales GTI de l’époque. Avec les années, les synchros peuvent fatiguer et la commande devenir un peu floue si elle n’a pas été révisée. Un exemplaire en bonne santé doit cependant permettre de passer les vitesses sans craquement ni résistance anormale.
Côté trains roulants, la suspension classique associée à un poids contenu donne un comportement vif et joueur. Sur route sinueuse, la direction non assistée se révèle directe et pleine de ressenti, même si elle peut paraître lourde en manœuvre urbaine. La voiture réclame une conduite engagée, surtout sur le mouillé, mais récompense le conducteur par une précision surprenante pour une citadine dérivée d’un modèle du début des années 70.
Lors de son premier contrôle, Paul remplace amortisseurs, silentblocs et rotules, ce qui transforme littéralement sa Renault 5 Alpine Turbo. Le roulis diminue, la direction gagne en franchise et la voiture cesse de tirer à droite en freinage appuyé. Il découvre alors à quel point un châssis bien remis en état peut sublimer le caractère déjà explosif du moteur.
Corrosion, carrosserie et rareté sur le marché
Comme beaucoup de voitures françaises des années 80, la Renault 5 Alpine Turbo souffre d’un ennemi bien connu : la corrosion. Passages de roues, planchers, longerons, bas de caisse et pieds de portes font partie des zones à inspecter absolument. Une belle peinture peut parfois masquer des réparations approximatives, voire des points de rouille structurels.
Les éléments de carrosserie spécifiques à la version Alpine Turbo – pare-chocs, élargisseurs d’ailes, jantes et certains habillages – se font rares et chers. Cela incite certains propriétaires à monter des pièces non conformes ou à réaliser des « personnalisations » hasardeuses. Pour un collectionneur, l’état d’origine et la cohérence des éléments extérieurs deviennent donc des critères décisifs.
Lors de ses recherches, Paul visite une Alpine Turbo fraîchement repeinte, au premier abord séduisante. En regardant de plus près, il remarque des soudures grossières dans les passages de roues arrière et une absence de protections anticorrosion récentes. Il préfère renoncer, sachant que réparer correctement ces défauts coûterait souvent plus cher que de trouver un exemplaire sain à la base.
Prix en occasion et coûts d’entretien actuels
Longtemps oubliée, la Renault 5 Alpine Turbo voit sa cote progresser nettement sur le marché des voitures de collection. Un exemplaire roulant, sain et conforme se négocie généralement entre 16 000 et 20 000 €, alors qu’un modèle restauré ou très peu kilométré peut atteindre 20 000 à 25 000 €. Les autos avec historique limpide, sellerie d’origine préservée et teintes conformes sortent du lot et partent souvent très vite.
Côté budget, l’entretien courant reste accessible tant que les interventions concernent des pièces mécaniques « communes » aux autres R5. En revanche, tout ce qui touche au turbo, à la carburation spécifique, à la boîte ou aux éléments de finition Alpine peut faire grimper la facture. Une simple révision peut tourner autour de quelques centaines d’euros, tandis qu’une reconstruction moteur complète dépasse volontiers les 4 000 à 5 000 €.
Pour l’assurance, beaucoup de propriétaires optent pour un contrat collection, avec un kilométrage annuel limité et des conditions d’usage précises. Les primes tournent alors souvent entre 350 et 700 € par an, selon le profil du conducteur et la valeur assurée de la voiture. Paul choisit cette solution, qui lui permet de préserver son budget tout en couvrant correctement sa précieuse Alpine Turbo.
Renault 5 Alpine Turbo et héritage dans l’ère électrique
À l’heure où les premières citadines sportives électriques comme l’Alpine A290 prennent la route, la Renault 5 Alpine Turbo incarne une autre époque de la performance. Elle rappelle les débuts de la suralimentation dans les petites autos, quand chaque coup d’accélérateur se traduisait par un souffle de turbo très physique. Cette mémoire mécanique nourrit aujourd’hui le storytelling des marques, qui aiment comparer leurs modèles zéro émission à ces anciennes gloires thermiques.
Dans les rassemblements mixtes, il n’est pas rare de voir une Alpine A290 garée à côté d’une R5 Alpine Turbo. Les visiteurs s’amusent à comparer la silhouette, les signatures lumineuses modernes et la simplicité presque austère du modèle historique. Cette confrontation souligne à quel point le plaisir automobile a changé, mais aussi combien l’esprit des petites sportives françaises reste ancré dans l’ADN de la marque.
Paul, lui, profite du meilleur des deux mondes : il utilise une compacte moderne électrifiée pour ses trajets quotidiens et réserve sa voiture de collection aux week-ends et événements. Pour lui, la Renault 5 Alpine Turbo n’est pas seulement un objet de spéculation, mais un lien vivant avec une époque où la GTI et le turbo symbolisaient la liberté et le goût du risque mesuré. Cette dimension émotionnelle explique que sa cote monte, bien au-delà de ses simples caractéristiques techniques.
Quelle est la principale différence entre une Renault 5 Alpine et une Renault 5 Alpine Turbo ?
La R5 Alpine atmosphérique utilise un 1.4 litres sans suralimentation, d’environ 93 ch, avec une montée en puissance plutôt linéaire. La Renault 5 Alpine Turbo ajoute un moteur turbo Garrett à ce bloc, pour atteindre environ 110 ch et un couple nettement supérieur, ce qui change radicalement les accélérations et le caractère moteur. En pratique, la Turbo est plus performante, plus rare et aussi plus recherchée aujourd’hui sur le marché des voitures de collection.
La Renault 5 Alpine Turbo est-elle une bonne première voiture de collection ?
Oui, à condition d’acheter un exemplaire sain et d’accepter un entretien plus exigeant qu’une citadine classique. Sa taille compacte, son design rétro et son moteur turbo en font une sportive accessible et attachante, idéale pour découvrir l’univers des youngtimers. Il faut toutefois surveiller de près la corrosion, l’état du turbo et la conformité de la préparation avant de se lancer.
Quels sont les points à vérifier avant d’acheter une R5 Alpine Turbo ?
Les priorités sont la corrosion (planchers, bas de caisse, passages de roues, longerons), la santé du moteur et du turbo (pas de fumées anormales, démarrage franc, montée en régime régulière) et la qualité de la carrosserie (pas de réparations grossières ou de modifications abusives). Il est aussi important de vérifier l’authenticité du modèle, la présence d’éléments spécifiques Alpine Turbo et l’état des trains roulants. Un essai routier complet reste indispensable pour juger du comportement général de l’auto.
Combien coûte l’entretien d’une Renault 5 Alpine Turbo ?
L’entretien courant, si l’auto est en bon état, reste raisonnable, avec des révisions entre 400 et 600 € en moyenne chez un spécialiste. En revanche, une réfection moteur ou turbo peut facilement grimper entre 4 000 et 5 000 €, surtout si des pièces spécifiques doivent être remplacées. C’est pourquoi il est préférable d’investir dès le départ dans un exemplaire sain plutôt que de miser sur une restauration lourde à bas prix.
La Renault 5 Alpine Turbo peut-elle rouler régulièrement au quotidien ?
Techniquement, oui, mais ce n’est pas l’usage idéal pour une GTI ancienne à moteur turbo devenue voiture de collection. Elle supporte mieux un usage de loisir, avec un entretien suivi et des périodes de roulage régulières mais modérées, plutôt qu’un quotidien urbain stressant. Beaucoup de propriétaires préfèrent la préserver pour les sorties passion, les rallyes historiques et les rassemblements de voitures anciennes.

